5 à 15 % des fumeurs qui tentent de quitter le tabac y arrivent. Autrement dit, le sevrage tabagique est comme une course de fond, avec ses côtes et ses descentes. Et il faut se relever de toute chute ou rechute pour reprendre le rythme. Objectif : un an sans tabac ! (Ensuite, c’est plus facile)

 

N’oubliez jamais, la bonne méthode pour arrêter de fumer est celle qui marche pour vous ! Aujourd’hui intéressons-nous aux substituts nicotiniques.

 

La nicotine contre le manque

L’objectif ultime du sevrage tabagique est de se débarrasser des trois grandes catégories de toxiques contenues dans la fumée du tabac. Elles sont toutes issues de la combustion :

  • Les goudrons, responsables de cancers
  • Les particules fines solides, responsables d’insuffisances respiratoires
  • Le monoxyde de carbone, responsable des infarctus et des attaques cérébrales

 

La nicotine quant à elle, ne donne ni infarctus, ni cancer chez le fumeur. Elle lui donne simplement envie de reprendre une cigarette : c’est la dépendance. Mais nous ne pourrions pas vivre sans dépendances : nous sommes tous accros à de nombreuses choses qui nous sont indispensables comme le sucre, les calories, le sexe et bien d’autres plaisirs. Tant que ces dépendances ne nous rendent pas malades, tout va bien.  Mais si elles nous rendent malades, nous parlons alors d’addiction. On peut être addict au tabac, au sucre, au sexe, aux jeux, etc.

 

Les substituts nicotiniques nous aident donc à passer une première étape essentielle : nous débarrasser des toxiques, de sortir de l’addiction. Elle nous permet de respirer pleinement de nouveau, de laisser notre cœur se réparer, de ne plus agresser nos cellules avec des agents cancérigènes, etc. On répare le corps, tout en donnant au cerveau la nicotine qu’il réclame.

 

Quand on se lance avec les substituts nicotiniques, l’objectif est d’éviter le manque, et le risque de craquer qui l’accompagne. Il faut bien connaître les signes du manque, en sachant que ce sont les mêmes, que vous manquiez de sucre, de nicotine ou d’autres choses :

  • Difficultés de concentration
  • Irritabilité
  • Fringale
  • Et envie de ce qui manque (bonbon, cigarette, etc.)

 

Prenons un exemple avec des enfants. Il est 18 heures, ils se chamaillent : ils sont en hypoglycémie. Plutôt qu’essayer de les raisonner, le plus efficace va être de leur donner un bout de pain chacun. Le calme revient.

 

Avec les substituts nicotiniques c’est pareil, sauf que nous essayons au maximum d’éviter le manque en le prévenant. Pour cela, nous avons deux formes principales :

  • Les patchs qui se collent sur la peau pour diffuser de la nicotine toute la journée à dose constante. Il faut prendre des grands patchs transparents, quasi invisibles sur la peau. Comme dans ce type de patch, la nicotine est mélangée à la colle, le jour où vous voudrez diminuer votre dose, vous n’aurez qu’à couper votre patch en deux (autrement dit, cela ne sert à rien d’acheter des patchs plus petits). Ensuite, si vous ne fumez pas la première heure qui suit votre lever, vous pouvez enlever le patch en vous couchant. A l’inverse, si vous vous levez pour fumer, ou si vous fumez dès la première heure, alors gardez le patch toute la nuit et changez-le chaque matin après la douche. Classiquement, le patch divise par deux votre envie de fumer. Si besoin, vous pouvez mettre un deuxième patch, si un seul n’est pas suffisant.

 

  • Les pastilles qui se mettent sous la langue ou les gommes qui se chiquent. La logique est que vous utilisez ces pastilles ou gommes à la nicotine autant de fois que vous en avez envie. C’est votre cerveau qui détermine la dose : si vous avez envie de nicotine, ou si vous avez envie de fumer, hop une pastille ou une gomme sans attendre. A bien comprendre : les pastilles ne se sucent pas et les gommes ne se mâchent pas. A défaut, vous allez avaler beaucoup de salive à la nicotine, ce qui n’est pas agréable du tout. Les pastilles se mettent sous la langue et la nicotine diffuse dans le plancher buccal, à travers la muqueuse. Les gommes se ramollissent et s’humidifient avec 3-4 mastications, puis elles se placent entre la gencive et la joue pour que le nicotine diffuse à travers la muqueuse de la joue (c’est cela chiquer).

 

A savoir : certains remplacent les pastilles ou les gommes par de la vape. C’est aussi de la nicotine, donc tout va bien.

Deux derniers conseils avant de vous lancer :

  • Le premier est d’essayer le patch et les pastilles ou les gommes sans arrêter de fumer. Observez comme le patch diminue votre nombre de cigarettes. Notez comme chaque pastille ou gomme remplace facilement une cigarette. Au bout d’une à deux semaines, vous serez au point et vous pourrez décider de votre date de sevrage complet.

 

  • Le deuxième est d’aller voir votre médecin de famille ou votre tabacologue si vous rencontrez des difficultés. Ils pourront vous conseiller, soit d’augmenter les doses de nicotine, soit de changer de méthode.

 

Et une dernière question : quand arrêter les substituts nicotiniques ? Ne cherchez pas à les diminuer avant six mois, sauf si votre cerveau vous réclame moins de nicotine. Ensuite, diminuez tranquillement, tout en gardant sur vous une boîte de gommes ou de pastilles pour ne pas craquer et refumer. Dans tous les cas, après une année sans tabac, vous pourrez aborder la deuxième phase sereinement : vous passer progressivement de la nicotine.

 

Mais n’oubliez pas : la page la plus importante à tourner est celle de votre santé. C’est celle-là qu’il faut réussir la première année. Ensuite, vous avez le temps…