La chirurgie réfractive est indiquée pour les personnes atteintes de myopie, d’hypermétropie ou d’astigmatisme qui souhaitent réduire leur dépendance aux lunettes ou aux lentilles de contact. C’est l’une des opérations les plus sûres au monde, mais elle n’est pas adaptée à tous les cas et n’est pas sans risque.

 

À toutes les complications possibles après n’importe quelle intervention chirurgicale, il faut ajouter la possibilité que le patient puisse souffrir d’effets indésirables, notamment en termes de sécheresse oculaire, qui touche 30 % des patients opérés.

 

Les procédés de la chirurgie réfractive au laser offrent la possibilité de modifier l’épaisseur et/ou la courbure de la cornée et, avec elle, sa valeur dioptrique. Cette chirurgie permet ainsi de corriger les défauts de réfraction.

 

Le laser Excimer (Lasik) reste la technique préférentielle de la chirurgie réfractive, bien qu’elle ne soit plus indiquée chez les patients ayant plus de 8 dioptries. Il s’agit d’un changement radical par rapport à il y a seulement 15 ans, lorsque l’on opérait des patients ayant jusqu’à 16 dioptries.

 

L’une des techniques les plus récentes utilise le laser femto seconde pour modifier la graduation de la cornée par une micro-incision de seulement 2 mm, sans avoir besoin d’ouvrir la surface de la cornée.

 

Définition minutieuse de la chirurgie réfractive

L’indication de la chirurgie réfractive dépend de nombreux facteurs que l’ophtalmologiste devra évaluer. C’est pourquoi, il est essentiel que le patient comprenne bien les risques auxquels il est exposé et qu’il soit très motivé, ce qui est possible grâce à une bonne communication patient-ophtalmologiste.

 

De plus, un examen ophtalmologique complet et une série de tests préopératoires doivent être effectués. Tout d’abord, l’acuité visuelle, la réfraction (nombre de dioptries de myopie, d’hypermétropie, d’astigmatisme ou de presbytie) et la pression intraoculaire doivent être mesurées.

 

Ensuite, pour l’application précise du laser, une topographie (mesure de la courbure et de l’épaisseur de la cornée) et une étude de l’hystérésis cornéenne, c’est-à-dire du degré de résistance et d’élasticité de ce tissu, doivent également être réalisées.

 

L’importance de ces examens est telle que le jour même de l’intervention, le patient est reçu en consultation afin de répéter les examens diagnostiques et de confirmer qu’il n’y a aucun changement par rapport à la visite préopératoire, afin de pouvoir opérer l’œil.

 

Les risques de la chirurgie réfractive

Dans les premiers mois qui suivent l’intervention, des halos ou des éclats lumineux apparaissent, qui sont pour la plupart transitoires. Des effets secondaires peuvent également survenir, comme la sécheresse oculaire, qui disparaît généralement après quelques mois, au cours desquels l’utilisation de gouttes lubrifiantes est recommandée.

 

Cependant, au moins 1 % des patients conserve ce problème à vie. C’est pourquoi, il est essentiel de procéder à un examen complet de la surface oculaire avant la chirurgie réfractive et, si nécessaire, de traiter d’abord la sécheresse oculaire.

 

La dernière étude publiée par la FDA[1] a révélé qu’après une chirurgie LASIK, jusqu’à 46 % des patients présentaient au moins un nouveau symptôme visuel, 35 % des patients présentaient des halos, 30 % des yeux secs, 28 % des éclats lumineux ou starburts, 16 % des éblouissements et jusqu’à 6 % une image fantôme.

 

Outre ces complications, il faut rappeler que la chirurgie réfractive au laser entraîne des altérations de la courbure et de l’épaisseur de la cornée, dont il faudra tenir compte dans les futurs examens diagnostiques et mesures préchirurgicales. De plus, il est à noter que les bienfaits de la chirurgie ne durent pas toute une vie, en raison des changements subis par les yeux au fil des ans.

 

[1] The Patient-Reported Outcomes with LASIK (PROWL). FDA, updated 2018. https://www.fda.gov/medical-devices/lasik/lasik-quality-life-collaboration-project