Êtes-vous bien confiné ? C’est devenu la question clé pour beaucoup d’entre nous. La situation que nous vivons est absolument unique. Toute l’humanité bloquée sur des écrans, cela me rappelle quand Neil Armstrong avait posé le pied sur la Lune le 20 juillet 1969. On retenait notre souffle tous ensemble.

 

Dr Philippe Presles

Paris, le 9 avril 2020

 

Silence complet. Tout est calme. Personne n’a jamais vu Paris, Lyon, Marseille et aucune ville de France comme cela. Aucune trace d’avion dans le ciel. Ce virus nous a scotchés chez nous et c’est comme si nous étions dans une immense salle d’attente avec les hôpitaux au milieu qui tournent à plein régime. C’est sinistre et l’humain doit prendre le dessus en nous. C’est notre challenge à tous !

 

Tous les challenges sont bons !

 

Tous les challenges sont bons à considérer. La semaine dernière je vous proposais de faire attention à la prise de poids, de trouver une façon de réduire vos besoins de 300 Kcal par jour… Et bien j’ai grossi ! Ah ! je vous entends rire ! Vous vous disiez bien qu’avec tous ces pains aux raisins, ces croissants, ces gâteaux, je n’y arriverais pas… Et vous aviez raison ! Lundi, j’ai eu une lueur d’espoir : la farine était en rupture de stock chez Casino… « Ne t’en fais pas mon chéri, j’ai de la T65 à la cave ! » Jane, qui se recycle en préparant son CAP de pâtisserie, avait prévu le coup…

 

Par ailleurs, Jane ne grossit pas. Mais que fait-elle de mieux que moi ? Plus de sport, de vélo, de course, de pompes… Et vous, arrivez-vous à faire plus de sport ? Les statistiques anonymisées de My Easy Santé montrent clairement l’impact du confinement : le nombre global de nos pas quotidiens a chuté de 40 % lors de la semaine 12 (celle du lundi 16 mars) et de 60 % semaine 13 ! Et oui, My Easy Santé, qui permet à chacun de suivre son activité physique, peut aussi devenir un outil de suivi populationnel… Les Espagnols nous enfoncent : – 56 % semaine 12 et -70 % -semaine 13. Cela confirme qu’ils étaient plus durement touchés à ce moment-là. Vous avez compris, il faut bouger ! Moi je suis passé de 30 minutes à une heure de vélo par jour et cela marche. Je dois bien admettre que c’est un côté positif du coronavirus : il nous pousse dans nos retranchements pour accomplir, ou pas, nos bonnes résolutions.

 

On tourne en rond

 

Finalement, le plus difficile en ce moment, c’est la tête ! On tourne en rond. Moi je rêve de sortir avec une belle Italienne… C’est un mirage, comme Tintin et le capitaine Haddock dans « Le crabe aux pinces d’or ».  Ceux qui me connaissent me diront que Jane est Chinoise et jolie. Oui, mais ma belle Italienne n’est pas une femme, mais une moto ! Une Ducati Scrambler et je vais lui rendre visite tous les jours dans le garage. Je monte dessus et je fais « Vroum ! Vroum ! » J’en connais d’autres qui font le même rêve avec leur Anglaise, leur Allemande, leur Japonaise ou leur Américaine ! Ah ! ces jolies Triumph, BMW, Honda, Yamaha, Suzuki, Harley Davidson…

 

La tête je vous dis, mais comment résister ? La méditation est une bonne piste et je vous propose d’écouter le podcast de Christophe André sur AXA Live, également disponible dans cette newsletter. La voix de l’ami Christophe est formidablement apaisante et ses conseils sont précieux à suivre.

 

L’élévation est tout aussi importante et la philosophie est riche. Fabrice Midal, Docteur en philosophie et fondateur de l’école française de méditation, nous propose 3 mn de réflexion avec de grands auteurs. Ecoutez Camus et comprenez le sens de cette belle phrase : « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. » Autrement dit, nous explique Midal, il est banal de penser qu’après l’hiver viendra l’été, qu’après le virus viendra le post virus. L’été est déjà dans nos cœurs, maintenant :

https://www.youtube.com/watch?v=DlpryCWBbNQ&list=PLs75uZeQLVSEvO8HAQL5L1aavuGq9w4ME&utm_source=sendinblue&utm_campaign=Newsletter_avril_2020__Philosopher_au_temps_du_confinement&utm_medium=email

 

Petits bonheurs et grands malheurs

 

Reste que nous tournons en rond, que nous nous tracassons, que nous pouvons mal dormir. C’est interminable ce confinement ! Et nous vivons tous des situations différentes. Certains m’envoient des photos de leur barbecue dans le jardin en famille. C’est incroyable d’être heureux dans un tel contexte et pourtant c’est possible. C’est ce qui est étrange. J’ai vécu un cyclone aux Caraïbes et tout le monde souffrait, sans exception. Là, c’est la loterie ! Il y a ceux qui sont seuls, ou inversement, ceux qui souffrent de promiscuité. Ceux qui voient leur famille exploser, comme a explosé le nombre des divorces à Wuhan. Et ceux qui vivent l’indicible. Je pense à cette femme dont le mari a fait un AVC et a été emmené par le SAMU. Elle m’a appelé, car deux jours après, elle ne savait toujours pas dans quel hôpital il était… Nous l’avons retrouvé dans un hôpital privé, mais elle ne peut pas lui rendre visite…

 

Vivement le déconfinement !

 

J’en oubliais presque de vous parler du coronavirus lui-même. Maintenant nous pouvons être classés en trois catégories : les malades, les immunisés (comme moi) et les indemnes. C’est la nouvelle équation. Celle qui va nous permettre de sortir du confinement. Ce qui apparaît clairement, c’est que le pourcentage de gens immunisés est trop faible. Même en Lombardie, il ne dépasse pas les 15 %, quand il faudrait que nous soyons 60 à 70 % à être immunisés pour stopper définitivement la progression du virus. En effet, chaque personne immunisée devient une impasse pour le virus et il a été montré que, lorsque 2/3 d’une population est immunisée, un virus ne peut plus progresser. C’est la population entière qui devient une impasse pour lui et il disparaît. L’objectif du déconfinement sera donc l’organisation du « contrôle » : contrôle de la charge des hôpitaux, contrôle des malades strictement isolés chez eux, et masques pour tous (quels qu’ils soient).

 

Retenons au moins, pour la prochaine fois, que des masques pour tous (soit un petit kilo de papier par habitant) peuvent stopper la progression de ce type de virus. Serons-nous enfin prévoyants ? Oui, nous allons progresser et cette fois-ci j’aimerais rendre hommage à nos grands patrons, à Thomas Buberl et à Jacques de Peretti, qui ont proposé de mettre en place un régime d’assurance pandémie. Oui, nous nous devons de nous battre pour un monde plus serein.

 

Rappelons que le site bonjourdocteur et le 3633 sont toujours à votre disposition et que nos médecins assurent (Service réservé aux bénéficiaires santé AXA et partenaires).

 

Portez-vous bien et à la semaine prochaine !