En tant que médecin, j’avoue que je suis content d’avoir attrapé ce coronavirus, car, sans cela, je n’aurais pas bien compris les patients qui m’appellent chaque jour. Ce n’est vraiment pas un virus comme les autres. Sans compter qu’il chamboule toute notre vie !

 

Dr Philippe Presles

Paris, le 25 mars 2020

 

Tout est inédit pour moi avec ce virus, comme de me retrouver à la maison, bouclé avec ma femme et mes chats, mes livres et mes téléconsultations, mes réunions Skype et les blagues des copains sur WhatsApp ! Sans compter que j’appelle tous les jours ma maman (comme toujours) pour savoir comment elle va. Je ne peux pas m’empêcher de prier un peu… Bref, je suis comme vous, comme tout le monde, et je vous propose ce témoignage pour partager ce que je pense avoir appris de cette situation si particulière.

 

Cela a commencé par un mal de tête violent, en casque, comme lorsqu’on a trop bu d’alcool. On ne comprend pas tout de suite. Ma femme m’avait pourtant dit qu’elle avait mal à la tête depuis deux jours. C’est peut-être mes règles me disait-elle. Je ne savais pas que les règles pouvaient être contagieuses… Puis, dès le lendemain, la gorge sèche, irritée, les courbatures modérées et c’est tout. Pas de fièvre, pas de toux. Je n’avais jamais vécu une maladie comme celle-là. Plus de doute : nous étions bien infectés par le coronavirus.

 

Les SMS autour de moi ont commencé à arriver. Mon fils aîné toussait et avait mal à la gorge. Sa femme aussi. Et d’heure en heure, de téléconsultations en téléconsultations, j’ai vu le tableau se dessiner. Absolument incroyable : je n’avais jamais vu une maladie aussi multiforme. Le mal de tête est l’un des signes les plus fréquents, avec une gorge irritée, sèche. Mais chez certains, c’est la fièvre qui domine, au-dessus de 39°. Chez d’autres, c’est la toux et la rhinite. Certains ont une forme digestive, avec coliques et diarrhées. D’autres enfin sont essoufflés, ce qui inquiète bien sûr. Dans ce cas-là, je les rappelle le lendemain, pour m’assurer que tout va bien. Cela est stable ou cela va mieux dans la plupart des cas. Mais j’en ai confié deux au SAMU, car ils m’inquiétaient.

 

Les réactions des gens sont très variables, de la décontraction totale à la crise d’angoisse avec pleurs. Je rassure tout le monde, prescris de l’azithromycine au moindre doute, du paracétamol bien sûr, et surtout je prodigue ce conseil de boire beaucoup. Ce virus dessèche : mal de tête, gorge irritée, toux sèche, yeux secs. Boire davantage fait vraiment du bien, et j’ai pu m’en rendre compte avec mes céphalées. Sur ce plan, c’est comme une bonne cuite : il faut boire beaucoup d’eau.

 

Un copain qui ne veut pas partir

 

À propos de cuite, ce virus ressemble à un copain qui ne veut pas partir, bavarde, lance de nouveaux sujets, s’assoupit et se réveille : il s’accroche ! Après 4 jours, nous nous sentions mieux avec ma femme et nous étions tout contents. Il nous a laissés tranquilles 2 jours. Puis il est revenu pour recommencer avec les mêmes signes, la fatigue en plus. Cela a duré plus de 10 jours, car il est même revenu une troisième fois et il est encore en train de me « trifouiller » à l’heure où j’écris ces lignes. Une sale bestiole.

 

Suivre les informations est devenu impressionnant. Les cas graves, les communications, les témoignages. Certains experts se veulent très rassurants : au total, il n’y aura pas plus de morts que dans une bonne grippe… Vraiment ? Ce qui a changé avec ce virus, ce n’est pas tant le nombre de décès, que la mort qui est partout, alors que dans notre société nous avions quasiment oublié qu’elle existait, ou en tout cas, « ailleurs ».

 

Mais c’est vrai que dans la très grande majorité des cas, cela se passe bien, heureusement. J’ai pu travailler tous les jours sans problème, comme la plupart d’entre nous. Nous pratiquions le télétravail par commodité. Maintenant nous y sommes forcés. Nous sommes devenus hyper connectés. Mes SMS sont devenus ma salle d’attente. « Je n’ose pas vous déranger, mais je crois que j’ai des symptômes. » ou encore « Ce qui m’inquiète, c’est mon père, car il est cardiaque ». Je ne pratique plus qu’en téléconsultation et j’envoie des web-ordonnances.

 

Reste à la maison y’a le printemps qui chante… 

 

WhatsApp est devenu la foire aux meilleures blagues. Franchement elles sont drôles et je les fais suivre à mes amis. J’ai adoré Claude François avec : « Reste à la maison y’a le printemps qui chante… » et Macron, devenu vieux, qui nous annonce que le confinement est fini ! Bon, j’arrête, car il y en a beaucoup et cela fera partie des bons souvenirs.

 

Et oui, il y aura de bons souvenirs. Moi par exemple, j’ai découvert que j’adore être confiné avec ma femme. Quand je suis en télétravail, elle m’apporte du thé, habillée comme pour sortir dîner. Elle s’est remise à la cuisine chinoise, et elle fait des pains aux raisins pour les pharmaciens d’à côté. C’est agréable de papoter, de rire ensemble des blagues et des « fake news ». Et puis elle, elle fait du sport tous les matins, même avec son coronavirus. Moi j’attends d’être un confiné convalescent ! Il y aura eu aussi tous ces échanges avec les amis, les gens qui appellent, les voisins que l’on croise et que l’on salue en demandant des nouvelles. C’est quand même bien agréable d’être entouré de gens si gentils et bienveillants.

 

Garder le rythme

 

Bien sûr, il est important de garder le rythme, de se lever et de s’habiller à peu près à la même heure, de tenir ses rendez-vous, de rendre service et de se trouver des passe-temps intéressants. Comment faire autrement pour tenir 2 mois en confinement ? Deux mois ! Oui, 2 semaines + 4 semaines + un dessert, cela fera 2 mois. J’espère me tromper, mais je préfère me préparer à une course de fond. La vie doit continuer, non ? Mais comment faire pour ne pas tourner en rond ? Je pense à tous mes amis qui vivent seuls et ne peuvent plus sortir. Cela doit les perturber.

 

J’aimerais terminer ce témoignage par des louanges. À mes amis infirmiers ou médecins qui travaillent à la téléconsultation AXA. « Philippe, tu n’imagines pas ce que nous vivons… » Si j’imagine très bien et je tire mon chapeau. Je loue aussi l’équipe de la pharmacie de la place d’à côté, toujours tout sourire. Et bien sûr, les gens de Casino qui ouvrent le magasin à 8 heures et m’aident à trouver de la levure (pour les pains aux raisins). Franchement, n’oublions pas que nous sommes entourés de gens formidables !

 

Au fait, connaissez-vous la téléconsultation AXA ? C’est le moment ou jamais d’intégrer les infos dans votre smartphone et pourquoi pas créer votre compte sur « bonjourdocteur.com ».

 

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