Des équipes de recherche basées à Boston ont montré que les femmes enceintes et allaitantes semblent réagir assez faiblement à leur première dose de vaccins COVID-19, ce qui souligne l’importance de recevoir les deux doses. Ces études offrent de nouveaux indices sur l’un des plus grands mystères de la pandémie : pourquoi le COVID-19 touche davantage les adultes, les enfants et les nourrissons de sexe masculin que les femmes.

 

Par le Dr Pedro L. González, spécialiste en médecine préventive et en santé publique et journaliste scientifique

 

Dans l’étude de l’équipe de Boston, les réponses immunitaires à une seule injection étaient plus faibles que dans un groupe témoin de femmes non enceintes ayant reçu une dose d’un schéma à deux doses, ce qui est la norme pour les vaccins à ARN messager.

 

L’étude a également mis en évidence des différences importantes dans les réponses au vaccin entre les femmes enceintes et les femmes allaitantes. En particulier, les femmes allaitantes présentaient une activité des cellules tueuses naturelles plus élevée après la vaccination que les femmes enceintes. Ces cellules jouent un rôle clé dans la réponse immunitaire innée en tuant les cellules infectées par le virus.

 

Les femmes enceintes subissent d’importantes modifications immunologiques afin de tolérer immunologiquement le fœtus et que celui-ci puisse se développer sans être rejeté. C’est pourquoi ils sont particulièrement vulnérables aux symptômes du COVID-19, ce qui inclut un risque accru de décès, de maladie grave et de complications pendant la grossesse. Deux notions sont importantes à retenir :

 

Ces recherches sur la vaccination pendant la grossesse sont suffisamment solides pour que les autorités sanitaires aient inclus les femmes enceintes dans leur liste de personnes pour lesquelles elles recommandent les rappels de vaccination.

 

La grossesse et le sexe du foetus influencent la réponse immunitaire à l’infection et au vaccin contre le COVID-19

Différences de sexe chez les patients atteints de COVID-19

Les résultats d’une deuxième étude sur des femmes enceintes suggèrent que celles qui portent des fœtus masculins réagissent en produisant moins d’anticorps contre le virus et en présentant d’autres modifications immunitaires que celles qui portent des fœtus féminins.

 

Dans le cadre des travaux sur le placenta, les chercheurs ont examiné le sang maternel, le sang du cordon ombilical et les placentas de 38 patientes enceintes de Covid. Ils ont constaté qu’en réponse à une infection par un coronavirus, les placentas masculins activaient davantage de gènes d’activation immunitaire pro-inflammatoires que les placentas portant des fœtus féminins.

 

Cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi, depuis les premiers jours de la pandémie, les études épidémiologiques ont mis en évidence des différences entre les sexes chez les patients atteints du COVID-19 : les hommes sont plus gravement malades et meurent plus souvent que les femmes.

 

Références :

  • Les vaccins à ARNm COVID-19 entraînent des profils différentiels de la fonction Fc des anticorps chez les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants. Science Translational Medicine 13, No. 617
  • La grossesse influence les réponses immunitaires au SARS-CoV-2 Science Translational Medicine 13, No. 617
  • L’infection maternelle par le SARS-CoV-2 provoque des réponses immunitaires placentaires sexuellement dimorphiques. Science Translational Medicine 13, No. 617
  • Deborah Karasek, et al. L’association de l’infection par COVID-19 pendant la grossesse avec la naissance prématurée : Une étude de cohorte rétrospective en Californie, The Lancet Regional Health – Americas, Volume 2, 2021, https://doi.org/10.1016/j.lana.2021.100027.