Les épidémies de SARS-CoV-2 devraient changer avec la vaccination. Plusieurs études tentent d’anticiper la manière dont la vaccination partielle peut modifier le comportement du coronavirus et de déterminer les implications que cela pourrait avoir sur le contrôle de l’épidémie cet automne.

 

Par le Dr Pedro L. González, spécialiste en médecine préventive et en santé publique et journaliste scientifique

 

En France, les experts de l’Institut Pasteur ont réalisé une étude selon laquelle, sur la base de la capacité infectieuse du variant Delta dominant et de la couverture vaccinale de cet automne, il est possible qu’il y ait un pic significatif d’hospitalisations en l’absence de mesures de contrôle épidémique.

 

Selon leurs estimations, on s’attend à ce que :

    • Les adultes non vaccinés contribuent de manière significative à la pression exercée sur l’hôpital. Dans le scénario étudié en France, très similaire à celui de l’Espagne et d’autres pays européens, les personnes de plus de 60 ans non vaccinées représentent 3 % de la population, mais 35% des admissions hospitalières.
    • Les personnes non vaccinées contribuent de manière disproportionnée à la transmission : une personne non vaccinée a 12 fois plus de chances de transmettre le SARS-CoV-2 qu’une personne vaccinée.
    • En raison de la faible couverture vaccinale, une étude portant sur les enfants et les adolescents révèle qu’ils représenteront environ la moitié des infections, alors qu’ils ne représentent que 22 % de la population.

 

Par conséquent, les stratégies les plus appropriées pour contrôler l’épidémie seraient les suivantes :

    • Veiller à ce que les personnes les plus vulnérables bénéficient de la meilleure couverture vaccinale possible.
    • Les mesures de protection avec des masques à l’extérieur ont un impact similaire, qu’elles soient appliquées à l’ensemble de la population ou seulement aux personnes non vaccinées. C’est pourquoi, dans une population partiellement vaccinée, il est possible d’obtenir un bon contrôle de l’épidémie avec une perte sociale minimale en appliquant les mesures uniquement aux personnes non vaccinées. Toutefois, cela soulève d’importantes questions sociales et éthiques, car les restrictions imposées aux personnes non vaccinées pourraient être interprétées comme une discrimination.
    • De toutes les mesures étudiées, la vaccination des personnes non vaccinées est la plus efficace pour contrôler l’épidémie.

 

Grâce à la vaccination, l’effort nécessaire pour contrôler un rebond épidémique devrait être nettement inférieur à celui de la période de pré-vaccination.

 

La vaccination apportera des changements dans la lutte contre le COVID19

 

La vaccination des adolescents contre le COVID19

La situation des enfants et des adolescents doit être considérée avec une attention particulière.

 

Si une recrudescence épidémique se produit cet automne, des mesures de contrôle dans les écoles, collèges et lycées peuvent être nécessaires pour réduire le risque d’infection.

 

En raison de la faible couverture vaccinale, les enfants et les adolescents devront être scolarisés avec des protocoles de prévention plus stricts que ceux appliqués aux adultes vaccinés.

 

La vaccination des adolescents doit leur permettre de retrouver une vie normale et les protéger des effets néfastes des mesures non pharmaceutiques : isolement, retards scolaires, obésité, augmentation de la myopie due à la diminution du temps passé à l’extérieur.

 

En outre, la vaccination des adolescents âgés de 12 à 18 ans pourrait réduire considérablement la pression exercée sur le système de santé. Par exemple, la vaccination de 50 % des adolescents pourrait réduire de 53 % le nombre maximal d’hospitalisations par rapport à un scénario dans lequel ils ne sont pas vaccinés.

 

Les enfants âgés de 0 à 9 ans sont 50 % moins infectieux que les adultes et 50 % moins sensibles. Il suffit de développer des protocoles efficaces pour contrôler la circulation des virus dans les écoles et réduire la nécessité de fermer les écoles.

 

Références :

  • Paolo Bosetti, Cécile Tran Kiem, Alessio Andronico, Vittoria Colizza, Yazdan Yazdanpanah, et al.. Épidémiologie et contrôle des épidémies du SARS-CoV-2 dans les populations partiellement vaccinées : une étude de modélisation appliquée à la France. 2021.
  • Viner, R. M. et al. Susceptibilité à l’infection par le SARS-CoV-2 chez les enfants et les adolescents par rapport aux adultes : examen systématique et méta-analyse. JAMA Pediatr. 175, 143–156 (2021).
  • Campbell, F. et al. Augmentation de la transmissibilité et de la propagation mondiale des variantes du SARS-CoV-2 préoccupantes en juin 2021. Eurosurveillance vol. 26 (2021).