L’incontinence urinaire (ou fuites urinaires) est un phénomène qui affecte la santé et, surtout, la qualité de vie. Elle peut survenir après l’accouchement ou en raison de l’âge, et est généralement plus fréquente chez les femmes. Nous vous expliquons toutes ses causes et comment les prévenir.

On parle d’incontinence urinaire lorsque l’on perd le contrôle de la vessie. La personne ne parvient pas à empêcher l’urine de s’écouler, ce qui peut être source de honte, de tristesse ou d’embarras.

La plupart des cas d’incontinence urinaire sont musculaires. En d’autres termes, les muscles qui contrôlent la vessie sont affaiblis, ce qui rend difficile le maintien de la vessie fermée. Ainsi, lorsque vous faites un effort, comme tousser ou rire, votre urine peut s’écouler.

La détérioration du tonus musculaire peut être causée par l’âge, la grossesse, l’accouchement ou d’autres problèmes des voies urinaires. Examinons plus en détail l’incontinence urinaire.

 

La perte involontaire d’urine

L’incontinence urinaire est l’expulsion ou la perte involontaire d’urine. Il s’agit d’un problème de santé très important pour ceux qui en souffrent, non pas tant en raison de sa gravité médicale, mais pour la détérioration de la qualité de vie qu’il entraîne.

On estime que plus de 36 millions de personnes dans l’Union européenne souffrent d’incontinence urinaire, dont 60 % de femmes. Et le nombre de personnes touchées augmente en raison de l’accroissement de la longévité.

Toutefois, nous pouvons réduire les problèmes de fuites urinaires en faisant travailler les muscles concernés et en changeant certaines habitudes de vie.

 

Les types d’incontinence urinaire

Les fuites urinaires peuvent être occasionnelles et très légères ou modérées et fréquentes. Dans tous les cas, il est conseillé de consulter votre médecin pour déterminer le type d’incontinence dont vous souffrez.

Selon le Guide des soins de l’incontinence urinaire, on classe actuellement l’incontinence selon cinq étiquettes de diagnostic :

  1. Incontinence transitoire. Il s’agit de pertes urinaires passagères, dues à des infections, à des médicaments, à l’hyperglycémie ou à l’immobilité.
  2. Incontinence d’urgence. C’est la plus fréquente chez les personnes âgées. La personne ressent un besoin urgent d’uriner, mais n’a pas le temps d’aller aux toilettes.
  3. Incontinence d’effort. L’urine sort lorsque nous toussons, rions, faisons des efforts, de l’exercice ou appuyons sur la vessie.
  4. Incontinence par débordement. La vessie n’est pas vidée correctement, et l’urine goutte fréquemment ou constamment.
  5. Incontinence fonctionnelle. Les fuites urinaires sont continues et imprévisibles. Cela peut être dû à une incapacité physique à aller aux toilettes ou à un état cognitif altéré.

 

Les causes de l’incontinence urinaire

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d’incontinence :

L’âge. 46 % des femmes de plus de 80 ans et 34 % des hommes en souffrent. Le vieillissement du muscle de la vessie peut diminuer la capacité à stocker l’urine.

Le sexe. Les femmes sont plus susceptibles de souffrir d’incontinence à l’effort alors que les hommes ayant des problèmes de prostate sont plus exposés au risque d’incontinence d’urgence.

La grossesse. L’augmentation du poids du fœtus et les changements hormonaux pendant la grossesse peuvent provoquer une incontinence urinaire d’effort.

L’accouchement. Il peut affaiblir les muscles qui contrôlent la vessie et endommager les nerfs et les tissus de soutien, provoquant la chute du plancher pelvien (prolapsus) et entraînant des fuites urinaires.

La ménopause. Après le climactère, les femmes produisent moins d’œstrogènes (une hormone qui aide à préserver la paroi de la vessie et de l’urètre). Cela peut aggraver l’incontinence.

Hystérectomie. Toute intervention chirurgicale impliquant le système reproductif de la femme (comme l’ablation de l’utérus) peut endommager les muscles du plancher pelvien et provoquer une incontinence.

Alcool et caféine. Certains aliments et boissons peuvent stimuler la vessie et augmenter le volume de l’urine. Le chocolat, les édulcorants, l’alcool, la caféine et les boissons non alcoolisées en font partie.

Constipation. Le rectum est proche de la vessie et ces deux organes partagent de nombreux nerfs. Des selles dures peuvent provoquer l’activation de ces nerfs, ce qui augmente la fréquence des mictions.

Surpoids. Le surpoids peut augmenter la pression sur la vessie, affaiblissant les muscles et entraînant une perte d’urine en toussant ou en éternuant.

Tabac. Fumer peut affecter les nerfs qui contrôlent la vessie. La nicotine stimule le muscle détrusor (il se contracte lorsque vous urinez), ce qui vous donne envie d’uriner plus souvent.

 

Le traitement de l’incontinence urinaire

Rééducation périnéale. Ces exercices tonifient les muscles qui soutiennent la vessie, l’utérus et le rectum, et mettent fin à l’incontinence à 80 %. L’Université Copernic en Pologne souligne que cette gymnastique améliore considérablement la qualité de vie des femmes.

La vitamine D. Une carence en cette vitamine peut nous amener à uriner davantage. On la trouve dans les poissons bleus, les crustacés, le foie, les produits laitiers, les œufs et les champignons. Il est conseillé de prendre le soleil pendant au moins 10 minutes par jour pour assurer un niveau suffisant en vitamine D.

Eviter les boissons gazeuses. Bannissez les boissons gazeuses et les édulcorants artificiels. Il a été démontré qu’ils aggravent le problème.

Ne pas se retenir. À chaque fois que vous en avez besoin, allez aux toilettes. Vous éviterez les lésions des muscles du plancher pelvien, une vessie hypertrophiée, des infections et aussi le risque de calculs rénaux.

Exercices de Kegel. Contractez les muscles de la zone génitale lorsque vous allez aux toilettes pour interrompre l’urine. Faites-le plusieurs fois pendant que vous urinez. Quand vous vous serez entraîné, faites-le sans aller aux toilettes. L’hôpital d’Ankara a révélé que cette micro gymnastique améliore de 68 % la condition des femmes souffrant d’incontinence urinaire d’effort.

Boules de geisha, cônes vaginaux et sondes périnéales. Ces appareils aident à renforcer et à augmenter le tonus des muscles de la zone. On les insère dans le vagin et les conserve pendant environ 30 minutes par jour.

Prêle des champs. Infusez la plante sèche (40 g par litre d’eau) et buvez deux tasses par jour pendant 45 jours. Faites une pause d’une semaine et recommencez. Répétez ce cycle plusieurs fois par an.

 

Le traitement de l’incontinence urinaire doit améliorer la qualité de vie des personnes. Dans tous les cas, avant de commencer un traitement, consultez un urologue qui établira un diagnostic et vous recommandera le meilleur traitement.

 

Sources :

Editorial científica Elsevier

Guide des soins de l’incontinence urinaire

Observatoire de l’incontinence (ONI)

International Continence Society (ICS)