Le confinement peut avoir aggravé le problème de surpoids chez les enfants en raison du manque d’exercice et d’une alimentation riche en sucreries. C’est un phénomène que l’on observe dans de nombreux foyers. Par exemple, le poids moyen des enfants espagnols pourrait avoir augmenté d’environ trois kilos, à raison d’au moins un par mois.

 

Par le Dr Pedro L. González, spécialiste en médecine préventive et en santé publique et journaliste scientifique

 

Les plus jeunes ont connu une absence totale d’exercice pendant les mois de confinement. Une sédentarité extrême pendant des mois et des habitudes alimentaires qui ont souvent dévié de ce qu’un enfant devrait normalement manger.

 

Par rapport aux comportements enregistrés un an plus tôt, les enfants ont pris un repas de plus par jour, dormi une demi-heure de plus, passé environ cinq heures sur les écrans (téléphone portable, ordinateur ou tablette) et augmenté de loin leur consommation de viande rouge, de boissons sucrées et de malbouffe. D’autre part, leur activité physique a été réduite de plus de deux heures par semaine, tandis que leur consommation de légumes est restée inchangée.

 

Ces données pourraient s’aggraver avec les vacances. En effet, la dualité pandémie-vacances est particulièrement à risque en ce qui concerne l’obésité infantile.

 

Des études antérieures ont montré une augmentation du poids des enfants pendant les vacances d’été lors d’une année conventionnelle, ce que l’on a pu attribuer aux changements qui surviennent en été par rapport aux habitudes pendant l’année scolaire.

 

Les experts établissent une série d’habitudes qu’il serait préférable de ne pas acquérir pendant le confinement ou les vacances :

  • Ne pas manger de fruits et légumes tous les jours.
  • Manger tous les jours ou très régulièrement, des produits frits ou transformés ou des produits riches en sucres et/ou en graisses tels que les produits de boulangerie industrielle, les chips, etc.
  • Boire des boissons sucrées ou des boissons non alcoolisées au lieu de l’eau.
  • Ne pas faire d’exercice pendant au moins 1 heure par jour.
  • Passer plus de 2 heures par jour devant un écran de télévision, un ordinateur, une tablette, un téléphone portable…

 

Il est plutôt recommandé aux familles d’encourager l’activité physique, de jouer avec leurs enfants et de les faire participer à diverses routines. Pour y parvenir, il est conseillé de :

  • Pratiquer au moins 60 minutes par jour d’une activité physique d’intensité modérée à intense.
  • Avoir un régime alimentaire équilibré et nutritif, composé majoritairement de légumes, céréales, pommes de terre et légumineuses, de sorte que les glucides représentent 50 à 60 % des calories du régime alimentaire.
  • Les graisses ne doivent pas dépasser 30 % de l’apport quotidien.
  • Les protéines devraient fournir 10 à 15 % des calories totales, avec une combinaison de protéines animales et végétales.
  • Manger au moins cinq portions de légumes et de fruits par jour et les inclure au petit déjeuner.

 

La prise de poids chez les enfants, avec une obésité de plus en plus extrême, signifie que certaines conséquences graves typiques de l’âge adulte peuvent se produire pendant l’enfance et l’adolescence, telles que : hypertension, hyperglycémie, troubles du sommeil, lésions cutanées, diabète de type 2 pendant l’enfance, ainsi que des répercussions psychologiques.

 

C’est pourquoi, la prévention du surpoids chez les enfants est l’une des actions les plus importantes à mener dans le cadre de leur éducation alimentaire et de leurs habitudes de vie quotidiennes.

 

Sources :

  • Effets du confinement dû à la COVID-19 sur les comportements et modes de vie des enfants obèses vivant à Vérone, en Italie : une étude longitudinale Angelo Pietrobelli, et al avril 2020 https://doi.org/10.1002/oby.22861
  • L’effet de l’école sur le surpoids dans l’enfance : augmentation de l’indice de masse corporelle pendant l’année scolaire et les vacances d’été Paul T. von Hippel, et al Am J Public Health. 2007 avril ; 97(4): 696–702. doi: 10.2105/AJPH.2005.080754