La quarantaine affecte la santé physique et émotionnelle des personnes. Le début de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan en Chine avait obligé de grandes masses de personnes en bonne santé ou sans symptômes à être confinées chez elles. C’était l’une des premières expériences de ce genre, et cela a été très instructif. Afin de tolérer au mieux cette situation et même d’en sortir plus forts encore, il est préférable de suivre des habitudes de vie adaptées à la situation très particulière que nous vivons.

 

 

Dr Pedro L. González, spécialiste en médecine préventive et en santé publique

 

Les humains n’aiment pas sortir de la routine à laquelle ils sont habitués, encore moins si c’est de façon imposée comme c’est le cas pour la quarantaine du COVID-19. En général, les changements que la plupart d’entre nous connaissent sont :

 

  • Avoir peur et s’inquiéter pour notre santé et celle de nos proches.
  • Changements dans nos habitudes de sommeil et d’alimentation.
  • Avoir des difficultés à dormir ou à se concentrer.
  • Souffrir de problèmes de santé chroniques qui s’aggravent.
  • Sentiment de frustration et d’ennui
  • Avoir tendance à augmenter sa consommation d’alcool, de tabac et d’autres médicaments.

 

La plupart des études portent sur des personnes ou des contacts infectés, isolés dans de petits groupes de population. La plupart d’entre elles soulignent que les quarantaines ont des effets psychologiques négatifs. Elles provoquent notamment des troubles émotionnels, de la dépression, du stress, de l’irritabilité, de la mauvaise humeur, de l’insomnie et des symptômes de stress post-traumatique.

 

Dans les études examinées, les pertes financières résultant de la quarantaine ont créé une grave angoisse socio-économique et se sont avérées être un facteur de risque pour les symptômes de troubles psychologiques, la colère et l’anxiété plusieurs mois plus tard. Il en a été de même pour la stigmatisation de la transmission de l’infection.

 

 

Les mesures pour lutter contre le stress émotionnel

 

La durée de la quarantaine ou le degré de confinement dépendent de ce que les autorités sanitaires jugent nécessaire, mais nous sommes les seuls à contrôler la façon dont nous vivons ces contraintes. Nous ne savons pas ce que la vie nous réserve, mais nous pouvons la vivre de manière négative ou positive.

 

Aborder la quarantaine d’un point de vue altruiste et de conscience sociale est plus bénéfique que par obligation et obéissance. Pour ce faire, l’idéal est de suivre une série de lignes directrices qui nous aident à surmonter l’isolement de la meilleure façon possible :

 

  • Communiquez avec vos amis et votre famille par le biais d’appels vidéo ou simplement par téléphone. Cela sert à atténuer la sensation d’isolement et à ne pas confondre ce que nous pensons avec la réalité de ce qui se passe.

 

  • Organisez vos activités, qu’il s’agisse de travailler à la maison, d’étudier, de faire de l’exercice ou de cuisiner ces plats que nous pensions faire depuis longtemps.

 

  • Commencez des projets créatifs pour lesquels vous ne trouviez jamais le temps.

 

  • Rédigez un journal de quarantaine, décrivant ce qui se passe et ce que vous ressentez.

 

  • Faites des pauses dans la vie de famille et, dans la mesure du possible, sortez sur la terrasse, dans le jardin ou passez un peu de temps seul dans votre chambre.

 

  • Faites des voyages virtuels ou des visites de musées pour vous détendre l’esprit et oublier quelques minutes la situation qui nous retient tous chez nous.

 

Les premières données d’audience des télévisions ont révélé que, pendant les premiers jours de quarantaine, les Espagnols sont passés de 3,5 heures de visionnage par jour à 7 heures. Le fait de rester accroché à la télévision tous les jours peut entraîner une baisse des défenses, une augmentation du cholestérol et de l’obésité, un sentiment de dépression, de solitude ou une vue fatiguée, entre autres pathologies.

 

Il ne faut pas oublier que la distanciation sociale affecte également les réseaux sociaux, surtout si vous suivez des comptes peu fiables. Une information excessive sur la pandémie peut également accroître l’anxiété et l’incertitude. Pour éviter l’infoxication due au coronavirus, l’idéal est d’établir des horaires pour regarder les informations sur n’importe quel média, y compris les réseaux sociaux.

 

Les mesures visant à maintenir l’équilibre entre le corps et l’esprit

 

Ces journées peuvent représenter une excellente occasion pour apprendre ou pratiquer les exercices dont nous savons qu’ils augmentent notre bien-être :

 

  • Respirez profondément, étirez-vous ou méditez.

 

  • Mangez sainement, mais ne soyez pas obsédé par la nourriture.

 

  • Planifiez vos repas pour la journée, cela vous aidera à « oublier de manger » ou à trop manger, en grignotant toute la journée. Préparer de nouvelles recettes saines vous aidera à vous distraire pendant quelques heures, à écouter de la musique ou à partager de bons moments en famille.

 

  • La clé est de manger suffisamment. La peur de la sédentarité nous pousse à essayer de manger moins, mais nous devons écouter notre corps et le nourrir quand il le demande. Un apport énergétique adéquat est essentiel pour maintenir le fonctionnement de base du corps et du système immunitaire dans des conditions optimales.

 

  • Faire du sport permet de mieux supporter le confinement, car cela aide à passer le temps, à se mettre en forme, à maintenir la production d’endorphines, à réduire l’anxiété ou le niveau de stress et, surtout, à avoir des défenses élevées.

 

 

Les soins spéciaux pour les enfants

 

Les enfants, en particulier ceux de moins de 7 ans, sont des éponges observatrices des comportements des adultes. Ce qu’ils font, c’est chercher des indices pour gérer leurs propres émotions dans les moments difficiles, comme le fait d’être à la maison et de ne pas pouvoir aller au parc. En période de crise et de stress, ils recherchent le plus souvent la proximité et l’affection de leurs parents ou des adultes qui s’occupent d’eux.

 

En général, pour tous les âges, il est conseillé de mener les actions suivantes :

 

  • Parler de la pandémie et du COVID-19 en adaptant le langage et ce qui se passe à l’âge.

 

  • Les aider à exprimer leurs sentiments de peur ou de tristesse : écouter les enfants et leur parler de manière calme et rassurante. Leur apprendre à combattre l’anxiété ou la peur.

 

  • Maintenir autant que possible les routines familiales ou en créer de nouvelles adaptées à la situation : école à la maison, exercices, tâches ménagères spécifiques adaptées à l’âge comme le balayage ou l’époussetage, etc.

 

N’oubliez pas que quelques semaines sans notre routine quotidienne n’auront pas d’impact significatif sur notre santé. Pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes pas des athlètes de haut niveau qui avons besoin d’ajustements précis de notre métabolisme.

 

Il est très important de garder une vue d’ensemble de la situation et de la considérer comme une occasion de se reposer, de prendre soin de soi et de se remettre du stress quotidien.

 

A savoir : une consultation de psychologie est également disponible au 3633 ou via bonjourdocteur.com

 

Sources :

WHO Int : Mental Health and Psychosocial Considerations During COVID-19 Outbreak https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/mental-health-considerations.pdf

 

CDC: Helping Children Cope with Emergencies https://www.cdc.gov/childrenindisasters/helping-children-cope.html

 

UN: Social Stigma for Coronavirus https://www.epi-win.com/sites/epiwin/files/content/attachments/2020-02-24/COVID19%20Stigma%20Guide%2024022020_1.pdf

 

Parler avec les enfants https://www.telerama.fr/enfants/coronavirus-comment-parler-du-confinement-a-son-enfant,n6617859.php

 

Santé Mentale https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/coronavirus-les-recommandations-de-loms-pour-proteger-sa-sante-mentale-432810