Une collègue vous vante les mérites esthétiques d’une robe verte et rouge… Vous opinez poliment mais ne distinguez pourtant pas le contraste entre ces deux couleurs ! Soit elle a beaucoup d’imagination, soit vous êtes daltonien. Pour en être certain, faites un premier diagnostic à l’aide du test d’Ishihara.

 

Certaines personnes perçoivent les couleurs différemment des autres. Lorsque la déficience de la vision au niveau des couleurs et des formes est très prononcée, on parle de daltonisme.

Selon l’Institut national de l’œil (NIH), la vision des couleurs dépend du travail entre nos yeux et notre cerveau qui permet de percevoir les différentes propriétés de la lumière.

Ces cellules ou photorécepteurs sont divisés en bâtonnets et en cônes. Les bâtonnets répondent aux signaux lumineux de faible intensité (ceux qui nous aident à voir la nuit), tandis que les cônes servent à voir en journée et à distinguer les couleurs.

Il existe trois types de cônes et chacun d’eux est chargé de percevoir les couleurs primaires de la lumière : rouge, vert et bleu. S’il en manque un ou qu’ils ne fonctionnent pas correctement, le daltonisme apparaît. Selon le cône manquant, la lumière sera perçue d’une manière ou d’une autre.

 

Quelles couleurs confondent les daltoniens ?

Pour les daltoniens, il est difficile de voir les couleurs et leur luminosité (en particulier le rouge et le vert) et de différencier les différentes nuances d’une même couleur ou des couleurs similaires. Cela se produit principalement entre le rouge et le vert ou entre le bleu et le jaune. Cependant, la difficulté à distinguer les couleurs n’affecte pas l’acuité visuelle.

Le daltonisme est, dans la plupart des cas, d’origine génétique, binoculaire (dans les deux yeux) et les hommes en souffrent plus que les femmes, puisqu’il est associé au chromosome X (de même que la calvitie).

 

Les types de daltonisme

Selon l’Académie américaine d’ophtalmologie (AAO), le daltonisme touche généralement les deux yeux de la même façon et reste stable toute la vie. Il existe différents degrés de daltonisme. Dans le cas de déficiences légères, la personne peut détecter les couleurs s’il y a une bonne lumière, mais elle a des difficultés quand la lumière est faible. Dans d’autres cas, il n’est pas possible de distinguer certaines couleurs avec ou sans lumière.

 

On répertorie trois types de daltonisme :

– Dichromatisme : les personnes qui en souffrent n’ont que deux types de cônes, il manque donc un photorécepteur pour capter l’une des couleurs primaires. Les deux autres doivent donc compenser. Si le cône défectueux est celui de la couleur rouge, la personne ne pourra pas distinguer cette couleur ou ses variantes.

– Trichromatisme anormal : dans ce cas, les trois cônes sont valides, mais l’un d’entre eux présente une déficience, ce qui rend difficile la perception de la couleur. Si les cônes défectueux sont ceux du pigment rouge, on parle de protanomalie ; si ce sont ceux du pigment vert, il s’agit de deutéranomalie ; et si ce sont ceux du bleu, on appelle ce trouble la tritanomalie (très rare). Dans tous les cas, la personne distingue les couleurs, mais de façon plus limitée que la moyenne.

– Acromatisme : c’est le niveau de daltonisme le plus sévère car seules les variations de luminosité et d’intensité sont perçues. Les couleurs sont vues comme différentes nuances de la même couleur par la présence d’un seul pigment dans les cônes. Il s’agit du monochromatisme ou du daltonisme total.

 

Comment savoir si vous êtes daltonien ?

L’un des tests les plus répandus pour savoir si vous êtes daltonien sont les cartes d’Ishihara. Bien qu’il fût conçu au début du XXe siècle, ce test est encore utilisé aujourd’hui et fonctionne dans la plupart des cas.

Le test, qui se compose de nombreuses cartes, consiste à montrer un dessin composé de nombreux points de couleurs primaires disposés sur des fonds de couleurs similaires et regroupés de sorte à ce qu’une personne saine puisse y distinguer des nombres ou des formes.

S’il n’y a pas de problème, vous pouvez voir les nombres et les formes entre les points. Si vous ne pouvez pas voir les couleurs, vous remarquerez des difficultés à trouver le nombre ou la forme sur le dessin ou vous en verrez des différents selon le type de daltonisme. Le test peut être effectué sur un support physique ou électronique.

On utilise également le test de Farnsworth. Dans ce cas, il s’agit de classer les tonalités de manière graduelle. C’est un test qui demande plus de temps d’exploration que le test d’Ishihara.

Il n’existe pas de traitement pour restaurer la vision normale des couleurs, bien que des techniques utilisant des filtres spéciaux ont été développées et permettent de distinguer certaines nuances de couleur.

Si vous remarquez un changement dans votre perception des couleurs, consultez un ophtalmologue.

 

Sources :