Avec l’arrivée de l’automne et de l’hiver, les heures de luminosité raccourcissent et certaines personnes réagissent à ces changements par des changements d’humeur. C’est plus que de la mélancolie. Il s’agit d’un trouble affectif temporaire qui (s’il est traité) peut être surmonté. 

Les jours gris, les feuilles qui tombent et les températures plus fraîches marquent la fin de l’été. Avec l’automne, les heures d’ensoleillement diminuent. Ce changement environnemental peut affecter notre humeur.

C’est plus qu’une simple tristesse : c’est un type de dépression avec un schéma saisonnier (qui se répète). Il s’agit du trouble affectif saisonnier (TAS), également connu sous le nom de Winter blues.

 

Qu’est-ce que le trouble affectif saisonnier ?

Le trouble affectif saisonnier (TAS) est un type spécifique de dépression qui altère notre humeur en raison, en grande partie, de l’exposition réduite à la lumière lors du changement de saison.

Il ne s’agit pas seulement d’un sentiment mélancolique, mais d’une affection qui diminue la qualité de vie des personnes et qui peut même devenir invalidante.

Le TAS ou Winter blues tend à se manifester plus fréquemment chez les femmes et les jeunes. Les personnes atteintes alternent des épisodes récurrents de dépression majeure (en automne et en hiver) avec des épisodes de rémission (au printemps ou en été).

On parle également de TAS lorsque le schéma se répète pendant au moins deux ans. Le fait de se souvenir de moments où nous nous sommes sentis déprimés peut nous aider à savoir si nous sommes sujets à la dépression saisonnière.

 

 

Les symptômes de la dépression saisonnière

En plus des changements d’humeur typiques de la dépression (tristesse, irritabilité, anxiété, abattement…), d’autres symptômes apparaissent dans le trouble affectif saisonnier :

    • Appétit.

L’Université de Bâle (Suisse) a constaté que les patients souffrant de TAS mangent davantage de glucides (sucreries et féculents) et peuvent prendre du poids.

    • Fatigue.

Il y a une augmentation de la sécrétion de l’hormone du sommeil (mélatonine), ce qui peut entraîner une augmentation de la somnolence et de la fatigue.

    • Isolement.

On observe une réticence aux contacts sociaux et une hypersensibilité au rejet, ce qui entraîne un isolement social progressif. C’est comme s’ils se sentaient mal à l’aise en présence des gens.

 

Les causes du trouble affectif saisonnier

Plusieurs recherches suggèrent que la cause de ce trouble pourrait être le manque de lumière que reçoit le corps.

Notre rythme circadien (horloge interne) est guidé par la lumière du soleil et peut être altéré lorsque l’hiver arrive, car le corps reçoit moins de lumière du soleil pendant moins d’heures.

Cependant, différentes variables semblent jouer un rôle dans l’origine du Winter blues :

  • Génétiques.

Comme la sensibilité rétinienne, qui peut rendre difficile le traitement de la lumière.

  • Environnementales.

La latitude, la pollution et le climat de votre lieu de résidence.

  • Manque de lumière.

La quantité de lumière reçue dans les endroits où les bâtiments sont proches les uns des autres.

 

Le traitement du trouble affectif saisonnier

1. Plus de lumière à l’intérieur.

Il a été démontré que l’utilisation d’ampoules à spectre complet (lumière qui ressemble à celle du soleil) en hiver peut aider à combattre les symptômes.

2. Exercice physique.

L’université de Copenhague a découvert que les personnes souffrant de TAS ont des difficultés à réguler la sérotonine (hormone du bonheur). L’exercice physique peut améliorer les symptômes en contribuant à augmenter naturellement le taux de sérotonine dans l’organisme.

3. Plus de temps à l’extérieur.

Les sports de plein air (aux heures d’ensoleillement) multiplient leur effet positif. Se promener ou observer la nature aide à cultiver une attitude optimiste.

4. Activités en compagnie.

Essayer de passer du temps avec ses proches permet d’éviter l’isolement social et d’améliorer son humeur. Partagez avec vos proches ce que vous ressentez.

5. Prendre des vacances.

Se réserver quelques jours de congé pour aller dans un endroit ensoleillé en hiver est un bon moyen de combattre les symptômes du Winter blues.

6. Alimentation saine.

Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, et une réduction de la consommation de caféine peuvent contribuer à atténuer la dépression saisonnière.

7. Vitamine D et oméga-3.

La vitamine D (synthétisée par la lumière du soleil) se trouve dans les champignons, le saumon et les œufs. Les oméga-3 maintiennent les niveaux de sérotonine (huile, sardines, noix).

8. Comprendre ce qui se passe.

N’oubliez pas que la TAS est une phase qui passera. Accepter que c’est un état passager apportera un halo d’espoir et aidera à faire face à la situation.

9. Aide professionnelle.

Essayer d’ignorer le trouble ne permet pas de le résoudre. La psychothérapie permet d’anticiper et de détecter les symptômes afin d’en prévenir et d’en atténuer la gravité.

10. Stimulation lumineuse.

La luminothérapie consiste en une exposition quotidienne à la lumière pendant 30 minutes à l’aide d’un appareil. Elle peut réduire les symptômes et ses effets sont visibles au bout de trois semaines.

 

Comme vous pouvez le constater, comprendre pourquoi nous nous sentons plus tristes en automne ou en hiver est essentiel pour pouvoir anticiper le problème. Il est également conseillé d’adopter de nouvelles habitudes, de comprendre qu’il s’agit d’une situation temporaire et de demander l’aide de professionnels pour surmonter le Winter blues.

 

Sources :

  • La différence saisonnière dans la fixation des transporteurs de sérotonine dans le cerveau permet de prédire la gravité des symptômes chez les patients souffrant de troubles affectifs saisonniers. Brenda Mc Mahon, Sofie B Andersen, Martin K Madsen, Liv V Hjordt, Ida Hageman, Henrik Dam, Claus Svarer, Sofi da Cunha-Bang, William Baaré, Jacob Madsen, Lis Hasholt, Klaus Holst, Vibe G Frokjaer, Gitte M Knudsen. Brain. 2016 May;139(Pt 5):1605-14. Doi: https://doi.org/10.1093/brain/aww043
  • Le style d’alimentation dans le trouble affectif saisonnier : qui va prendre du poids en hiver ? K Kräuchi, S Reich, A Wirz-Justice. Compr Psychiatry. Mar-Apr 1997;38(2):80-7. Doi: https://doi.org/10.1016/s0010-440x(97)90085-7
  • Dépression saisonnière. Mamen Bueno. Mente Sana nº149, pag. 67. RBA Revistas, 2021.