Dans les années 90, une très grande étude américaine (la WHI pour Women’s Health Initiative) avait terrifié les femmes ménopausées car elle montrait que les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause pouvaient augmenter leur risque de faire un cancer du sein.

Depuis, d’autres études ont pu démontrer que, dans cette grande étude WHI, l’inclusion de femmes qui avaient commencé leur traitement hormonal de la ménopause (THM) très tardivement avait faussé les résultats. En pratique, celles qui commencent leur traitement dans les 2-3 ans suivant leur ménopause en obtiennent tous les bénéfices, sans augmenter leur risque de faire un cancer du sein.

Malgré cela, la peur du traitement hormonal de la ménopause était restée tenace et bon nombre de femmes ont préféré supporter les symptômes pénibles de leur ménopause, plutôt que de prendre le moindre risque. Des traitements non hormonaux ont fait florès, aucun n’ayant pu démontrer son efficacité clinique.

C’est dans ce contexte que la publication des résultats du suivi à 18 ans des femmes ayant participé à l’étude WHI est particulièrement importante. Ces femmes avaient rejoint l’étude en deux vagues en 1993 et en 1998, le suivi ayant été arrêté en 2014. Ces résultats sont clairs et ne prêtent à aucune difficulté d’interprétation : la mortalité a été identique dans le groupe des femmes avec THM et dans le groupe des femmes sans THM. Par ailleurs, le THM n’a entraîné aucune surmortalité par cancer ou par maladie cardiovasculaire.

Source : JoAnn E. Manson et al. Menopausal Hormone Therapy and Long-term All-Cause and Cause-Specific MortalityThe Women’s Health Initiative Randomized Trials. JAMA. 2017;318(10):927-938

http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2653735